Drones, IA, 5G et API réseau : une chaîne d’alerte nouvelle génération pour la sûreté aéroportuaire 


Publié le :  17/03/2026

7 mn de lecture

Dans un aéroport, la sûreté ne se résume pas à des caméras et des clôtures. C’est une mécanique de vigilance, faite de rondes, d’alertes, de doutes à lever rapidement, et surtout sans erreur. À Bordeaux, cette réalité sert aujourd’hui de terrain pilote à un projet européen mené aussi à Nice, Lyon et Bâle-Mulhouse : utiliser des drones et des robots terrestres équipés d’IA et de caméras 5G souveraines pour détecter une situation suspecte, puis transmettre une alerte au poste de commandement avec la meilleure qualité possible.  

Crédits vidéo : Société JLL SPEAR / Optim.aize

Secteur d’activités

Sécurité aéroportuaire

Besoins de l’entreprise

L’aéroport de Bordeaux cherche une solution pour pour détecter une situation suspecte, puis transmettre une alerte au poste de commandement avec la meilleure qualité possible. 

 

Solutions

Orange accompagne l’aéroport de Bordeaux aux côtés d’Optim.aize, en charge de l’orchestration et du jumeau numérique de sûreté, ainsi que du fabricant de drones, Lynxdrone.

Atouts de la 5G

La 5G permet de se mobiliser à l’instant critique et de s’adapter aux exigences de la situation en intégrant l’utilisation d’APIs d’authentification, de géolocalisation et de gestion de la qualité à la demande.

Dans ce dispositif, Orange accompagne l’aéroport de Bordeaux aux côtés d’Optim.aize (ouvre un nouvel onglet), en charge de l’orchestration et du jumeau numérique de sûreté, ainsi que du fabricant de drones, Lynxdrone (ouvre un nouvel onglet). Sa contribution tient à un levier peu visible mais déterminant : une 5G capable de se mobiliser à l’instant critique et de s’adapter aux exigences de la situation. Grâce à des APIs d’authentification, de géolocalisation et de gestion de la qualité à la demande, le réseau s’ajuste en temps réel pour garantir la sécurité de tous. 

Drone volant

Le point de départ est simple : dans les aéroports, les dispositifs de sûreté reposent encore largement sur des tâches répétitives, éprouvantes, où la fatigue finit par peser sur les agents. 

La limite du système actuel, c’est que les agents répètent les actions de sûreté des milliers de fois par jour. Nécessairement, ils sont soumis à la fatigue et même à une perte de sens », explique Jérôme Morandière, directeur de la Sûreté de l’aéroport de Bordeaux.

Face à ce constat, une transformation s’impose progressivement. La logique consiste à confier les premières couches de détection à la technologie, puis à faire intervenir l’humain là où sa valeur est maximale : l’analyse, la corrélation, la décision.

On va repositionner l’humain là où il est meilleur : des tâches d’intelligence naturelle », résume-t-il.

Pour Jad Rouhana, CEO du fabricant de drones Lynxdrone, cette évolution est indispensable à l’échelle des sites complexes.

Dans un système autonome, on ne peut pas dépendre uniquement de l’humain. Les machines détectent, mais c’est l’humain qui valide, interprète et décide.

Autrement dit, la technologie ne remplace pas l’opérateur : elle lui redonne du temps, de l’autonomie, et de la capacité de décision. 

Sur le terrain, cette nouvelle organisation repose sur des vecteurs autonomes capables de produire une quantité massive d’informations.

Un drone peut générer environ 30 gigaoctets de données par heure. Transmettre tout en continu n’est ni viable ni utile», rappelle Jad Rouhana. C’est précisément là que le réseau devient stratégique.

Lorsque l’IA embarquée dans un drone détecte une situation anormale, il déclenche une demande spécifique pour envoyer un flux de données plus riche, notamment en vidéo », explique Philippe Delbary, chef de produit innovation chez Orange. « Le réseau répond alors en garantissant la bande passante nécessaire pour que l’opérateur puisse prendre la bonne décision.

schéma extrait video Pandrone project
Crédits : Société JLLSPEAR

Le réseau devient alors un acteur à part entière de la chaîne d’alerte : il garantit la bande passante nécessaire pour permettre une levée de doute fiable. Dans un environnement aéroportuaire, où une alerte avérée peut entraîner la fermeture d’une zone pendant plusieurs heures,

la qualité du flux vidéo est déterminante pour éviter une fausse alerte comme pour confirmer une situation réelle » détaille Philippe Delbary. Côté drones, cette capacité conditionne l’existence même du système. Sans priorisation des flux, la solution ne peut tout simplement pas fonctionner », résume Jad Rouhana.

avions dans aéroport

La pertinence de l’alerte repose aussi sur sa lisibilité.

Une alarme brute ne sert à rien si elle n’est pas contextualisée », rappelle Sébastien Roche, CEO d’Optim.aize, spécialiste de la donnée industrielle et géographique. Son équipe développe un jumeau numérique de sûreté, véritable enveloppe numérique de l’aéroport, dans laquelle sont agrégées les données existantes et les informations remontées par les vecteurs autonomes. « Nous contextualisons les vecteurs en temps réel : leur position, leur mission, leur environnement immédiat », explique-t-il. « Dans ce jumeau numérique, on croise les alarmes, les flux vidéo et les informations géographiques afin de fournir une vision exploitable au poste de commandement.

Une exigence pleinement partagée par l’aéroport. 

L’enjeu, c’est de ne pas noyer l’humain sous des alertes incompréhensibles », insiste Jérôme Morandière. Car pour l’aéroport, la qualité de l’information prime sur la quantité. « Si un capteur remonte une alarme toutes les minutes, l’opérateur ne peut plus décider. Ce qui compte, c’est la qualité de l’information, pas sa quantité. 

Au cœur de cette chaîne, le réseau joue également un rôle de sécurisation. Concrètement, les briques Orange API permettent d’enchaîner plusieurs niveaux de sécurisation : authentification du vecteur, géolocalisation, puis activation d’une qualité de service renforcée (ou quality on demand). 

Lorsqu’une alerte est déclenchée, l’opérateur commence par vérifier l’identité du drone et sa localisation », explique Philippe Delbary. « Ce n’est qu’ensuite que le flux vidéo est ouvert avec la qualité maximale. On passe d’un réseau passif à un réseau qui s’adapte à l’application métier », résume-t-il. Autrement dit, l’application demande, et le réseau s’exécute. 

Cette double vérification est un enjeu majeur :

On croise l’information venant du robot avec celle issue du réseau d’Orange pour éviter toute usurpation » confirme Jad Rouhana.

La géolocalisation réseau apporte une garantie supplémentaire.

 Un GPS peut être falsifié, pas une coordonnée réseau », souligne Philippe Delbary

homme devarnt dans un PC de sécurité regardant des images de controles
Tarmac avec avions

Expérimenter, sécuriser, industrialiser

Orange 5G Lab a facilité le démarrage du projet en mettant à disposition des routeurs 5G et l’équipe Orange Livenet a déployé un réseau 5G expérimental pour les tests. Si la technologie est prometteuse, son déploiement à plus grande échelle doit répondre aux contraintes fortes du secteur aérien.

Les aéroports ont des exigences cyber extrêmement élevées, et nous n’échapperons pas au cadre de l’AI Act européen », rappelle Jérôme Morandière.

Pour Sébastien Roche, la clé réside dans la progressivité. « Il faut éprouver les capteurs, mesurer les taux de fausses alarmes et tester l’orchestration multi-vecteurs en conditions réelles.

Cette première expérimentation ouvre également la porte à d’autres cas d’usages :

cela fonctionne pour de la sécurité en zones sensibles (ports, sites industriels, militaires ou d’état…) mais aussi pour de la maintenance industrielle, par exemple pour inspecter des pylônes d’Orange. Aujourd’hui, ces missions sont encore confiées à des opérateurs humains, parfois au prix d’accidents graves » détaille Philippe Delbary

À Bordeaux, l’expérimentation aéroportuaire dessine ainsi une trajectoire concrète pour l’avenir de la sécurité : des drones et de l’IA en première ligne, un humain recentré sur la décision, et une 5G qui ne se contente plus de connecter, mais devient un véritable outil pour la sécurisation et le pilotage de l’alerte. 

@orange (ouvre un nouvel onglet)

Curious about Network Augmented Facilities? We asked Philippe to break it down for us. #MWC26 (ouvre un nouvel onglet)

♬ son original – Orange (ouvre un nouvel onglet)

La sécurité dans l’aérien est un enjeu stratégique majeur, confronté à des défis réglementaires, technologiques et sécuritaires. Lors de la conférence « Innover avec les API réseau » le 20 novembre 2025 qui s’est tenue au cours de l’Orange OpenTech 2025, Jérôme Morandière, Directeur de la sûreté de Bordeaux, a partagé ses perspectives, en présentant notamment le projet innovant Pandrone.

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